Into the wild

Brute, sauvage. Des paysages vierges. Une immensité ourlée de silence.
Seuls, perchĂ©s sur nos montures mĂ©talliques, notre route serpente dans la steppe odorante et se perd dans l’azur lointain. Un rapace nous guette du haut d’un poteau Ă©lectrique. Une borne kilomĂ©trique Ă©chappĂ©e du temps nous rappelle qu’on est bien dans la bonne direction. Le ronronnement lointain d’un moteur brise agrĂ©ablement notre solitude dans la promesse d’une poignĂ©e de coucous et de sourires.

Au d’tour d’virage, derrière une colline paĂ©e de fleurs sauvages, coule de l’eau. Des troupeaux de chevaux semi-sauvages se gavent de l’Ă©tĂ©. Des bergers Ă  moto coupent Ă  travers champ pour rassembler leurs troupeaux de vaches et de moutons. Des gamins aux yeux rieurs connaissent leur bonheur et galopent Ă  tout va sur leurs petits chevaux. Des yourtes fument comme des petites marmites posĂ©es sur l’herbe verte. On nous invite parfois Ă  y boire un thĂ© au lait salĂ© accompagnĂ© de fromage sec. AlimentĂ©es par l’Ă©nergie solaire, tĂ©lĂ© et chaĂ®ne hi-fi trĂ´nent comme une fiertĂ© sur un petit meuble joliment dĂ©corĂ©. Un saut rempli de yaourt frais traĂ®ne dans un coin.

Le temps coule lentement, les nuages noirs se bousculent dans le ciel. TrempĂ©s de la tĂŞte aux pieds, nous montons la tente tĂ´t dans la journĂ©e; un cavalier Ă  l’air malicieux nous observe sans en perdre une miette, il se moque de la pluie. La piste terreuse se gorge d’eau et de gadoue. Quelques dizaines de kilometres plus loin, elle laisse place tantĂ´t Ă  de longues distances sablonneuses, tantĂ´t Ă  de la tĂ´le ondulĂ©e ou encore Ă  de belles portions caillouteuses. En equilibre instable sur les vĂ©los, nous pestons contre ce terrain difficile, couplĂ© avec un climat exceptionnellement froid et pluvieux en cette saison.

Enfin, au bout de 100 ou 200 kilomètres, se dessine au loin le contour d’un hameau aux toits colorĂ©s. Les yeux rivĂ©s sur le village, comme hypnotisĂ©s, on se met Ă  rĂŞver de nourritures les plus folles : y aura-t-il des pommes ? Du salami ? Des yaourts ??!!
Dans la rue centrale, poussiĂ©reuse et dĂ©peuplĂ©e, quelques epiceries et restos. Nous scrutons avec soin les Ă©tagères noyĂ©es sous les gâteaux, sucreries et la vodka. Soudain une Ă©tincelle : regarde, ils ont des bocaux de carottes râpĂ©es !! Au resto d’Ă  cĂ´tĂ©, il n’y a pas trop le choix, Ă  part manger un plat moutonnesque dans ce coin du bout du monde.

Apres 1000 km de piste mongole, nous arrivons a Tsetserleg, Ă©puisĂ©s. Dormir, manger, dormir, manger… Apercevoir des lutteurs mongols imiter un aigle mythique avant le combat, ou une femme au marchĂ© en tenant dans chaque main, par les oreilles, une tĂŞte de cheval encore sanglante… Puis retourner dormir et manger avant d’attaquer la dernière ligne droite du voyage jusqu’Ă  Oulan-Bator : du soleil et de l’asphalte sur 500 km, fastoche !!

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